À propos du projet

Un projet collaboratif

Consultable sur ce site, cette base est un projet collaboratif qu’animent deux ambitions :

  • mettre à disposition des fonds photographiques inédits ou dispersés représentant des femmes et des personnes assignées ou identifiées femmes, dont les tenues vestimentaires empruntent tout ou partie du costume masculin, entre 1839 et 1939 ;
  • collecter ces images en offrant à des séries de clichés dispersés un lieu qui les rassemble, via un formulaire de dépôt numérique. Il ne s’agit pas ici de collecter les objets matériels, mais de partager des présences et des vies dont la trace demeure grâce à la photographie, en-dehors des plateformes privées et/ou marchandes où elles apparaissent et disparaissent aussitôt.

 

Dandykes

Dandykes est un mot-valise, formé de la contraction des termes dandy et dykes, équivalent anglais du français « gouine ». L’insulte est ici retournée et réinvestie dans une dynamique d’affirmation identitaire : les dandykes sont toutes ces personnes qui ont subverti les codes vestimentaires de leur temps pour affirmer une identité – sociale, de genre, sexuelle, politique, etc. – dissidente. Pour celleux qui se retrouvent dans ces généalogies affectives, ce sont nos ancêtres queer.

Les dandykes sont essentiellement anonymes : face aux images, notre regard ne peut être qu’humble et précautionneux. Ni assignation, ni essentialisation : la base entend rassembler des images pour permettre leur consultation et leur analyse, sans poser de regard ni de savoir définitifs sur les images, les vies et les choix qui affleurent, le plus souvent sans contexte ni archives associées.

En ce sens, elle propose de premiers éléments de description, qui permettent d’organiser la consultation et les recherches, et de poser un vocabulaire historiquement précis sur les vêtements et accessoires portés.

Rassemblant des vies et des présences photographiques qui précédent pour une part la période où se sont constitués les premiers éléments d’un vocabulaire – pathologisant et souvent péjoratif – décrivant les identités dissidentes aux normes de genre, cette base présente bel et bien des personnes queer, au sens que le mot recouvrait au XIXe siècle : « bizarre », ou en d’autres termes, se refusant à la norme. Il est aujourd'hui repris dans une dynamique d'affirmation identitaire, au même titre que dyke.

Qui furent les personnes que rélèvent ces photographies ? Quelles stratégies identitaires, esthétiques ou contextuelles les ont poussées à emprunter tout ou partie du costume masculin ? C’est ce que nous proposons d’observer, pour donner à voir d’autres vies et tisser d’autres récits, intimes ou scientifiques, personnels et collectifs.

 

Science ouverte

Les photographies que rassemble cette base proviennent de collections privées et publiques. Elles sont alimentées selon un fonctionnement participatif : quiconque possède des photographies intéressant ce projet peut les déposer via un formulaire prévu à cet effet. Une équipe spécialisée les traite et les met en ligne.

La collecte et le partage des photographies de la base Dandykes répond aux exigences de la science ouverte : des acteurices de la société, citoyen·nes et chercheureuses, utilisent des infrastructures scientifiques  pour élaborer et partager des connaissances ouvertes, accessibles librement par toustes.

Le but ? La mise à disposition, dans une perspective scientifique, mémorielle et sensible, d’une ressource inédite pour comprendre comment, de l’invention de la photographie aux prémices de la Deuxième Guerre mondiale, des personnes à qui le costume masculin n’était pas destiné se le sont approprié en tout ou en partie.

 

Pour quoi, pour qui, par qui ?

Cette base est destinée à toustes : amateurices, chercheureuses, curieux·ses : c’est un outil commun offert à la consultation, à la rêverie, à l’étude. Son fonctionnement est simple et s’améliorera au fil de l’usage et des retours : n’hésitez pas à nous écrire pour nous partager vos remarques et vos suggestions.

Le projet naît de la recherche menée par Marine Kisiel et Lola Charnay dans le cadre de la préparation de l’exposition « Un Vestiaire à soi. Féminités dissidentes au XIXe siècle », présentée au Palais Galliera, musée de la mode de Paris, du 26 septembre 2026 au 14 février 2027.

Accueilli par les équipes du laboratoire inVisu, il devient public en septembre 2026 et prend une dimension collaborative. C’est aussi le vôtre : n’hésitez pas à l’alimenter !